LIGUE CONTRE LE CANCER

COMITE DU CANTAL

  LA PREVENTION 

 

 

MOYENS DE PREVENTION LES FACTEURS DE RISQUE REDUIRE LES RISQUES

Les mécanismes d'action

Les risques infectieux

Nicoméde

 

Le tabac

La France doit sortir du tabac

La Ligue dit STOP

 

Plaisir et équilibre alimentaire

Tabac et cancer

Alcool et cancer

Soleil et cancer

Environnement et cancer

Recommandations préventives


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A – LES MOYENS DE PREVENTION

 

 1 - LES MECANISMES D’ACTION :

 

Plus l’on s’interrogera sur les causes des cancers, plus l’on trouvera des moyens de les éviter.

 

Les chercheurs ne s’interrogent pas seulement sur l’évolution de la cellule cancéreuse, mais aussi sur les facteurs augmentant la propension à développer un cancer ainsi que sur les facteurs préventifs tendant à faire diminuer cette propension.

 

Il est évident maintenant, que les cancers sont la résultante d’une accumulation complexe de facteurs : mode de vie, hérédité et environnement. Certains facteurs sont incontournables, mais d’autres peuvent et doivent être contrôlés.

 

1-1  Chiffres et mesure du risque :

 

La prévention s’articule globalement autour de trois tableaux :

 

·         La prévention primaire :

 

Elle concerne le grand public et s’articule autour des campagnes d’information.

C’est l’ensemble des mesures destinées à éviter la survenue d’une pathologie. La lutte contre le tabagisme s’intègre dans ce type de prévention (le risque de mortalité annuelle par cancer bronchique est multiplié par 32 chez un fumeur de 25g de tabac et plus par jour).

C’est aussi le cas de la  lutte contre l’alcoolisme (cancers de l’œsophage par exemple), des conseils nutritionnels qui tendent à modérer la consommation de graisses animales et à augmenter la consommation de fruits et légumes (cancers du colon) ou la protection des travailleurs dans certains emplois en contact avec des agents à risque avéré (amiante, benzème poussière de bois, …)

 

·         La prévention secondaire :

 

Elle s’adresse à des individus  qui ne sont pas malades mais qui présentent un certain risque.

Il s’agit du dépistage, qui consiste à rechercher de façon systématique dans une population en bonne santé, les porteurs de symptômes latents.

 

Le dépistage vise à abaisser la mortalité liée au cancer, seul critère permettant de juger de son efficacité. La mise en place d’une campagne de dépistage implique nécessairement que le cancer considéré soit fréquent dans la population choisie et/ou grave par les conséquences de son traitement. Mais aussi qu’il soit précédé de lésions pré-cancéreuses ou d’une période infra-clinique au cours de laquelle il est à la fois détectable et curable.

D’autre part, la technique de dépistage doit être sensible et spécifique afin d’éviter de pratiquer des examens douloureux et coûteux à des sujets sains appelés « faux positifs ». En outre, le test de dépistage doit être suffisamment simple pour être accepté par la population. Enfin, les coûts d’une campagne (prévention primaire et secondaire) doivent être proportionnels aux moyens financiers de la collectivité et au gain qu’elle en tirera au niveau sanitaire.

 

·         La prévention tertiaire :

 

Elle s’adresse directement aux malades afin qu’ils abandonnent tout comportement à risque.

 

 

1-2  Les règles :

 

De nombreux produits chimiques, agents physiques ou poussières biologiques peuvent s’avérer extrêmement dangereux pour la santé et l’appareil respiratoire en particulier.

Ces substances constituent un réel danger en cas d’exposition prolongée et sont souvent à l’origine de cancers professionnels ou environnementaux :

§  L’amiante, responsable de cancers du poumon

§  La pollution atmosphérique

§  Le nickel : voies nasales et respiratoires

§  L’arsenic : des cancers de la peau, des poumons, du foie, de la vessie

§  Les rayonnements : selon leur type et leur qualité

§  Les organismes pathogènes.

 

Il est primordial d’insister sur le fait que le risque pour ces produits de provoquer des cancers est majoré chez les fumeurs.

 

 

1-3  Tabagisme et alcoolisme :

 

L’alcool, particulièrement (et surtout) lorsqu’il est associé au tabac, majore le risque de développement des cancers de la langue, de la gorge, de l’œsophage, du pharynx, du sein et du foie. En France, 7% à 10% des cancers seraient associés à une consommation d’alcool trop importante. Il est conseillé de limiter sa consommation d’alcool à moins de deux verres par jour pour les hommes et moins d’un verre par jour pour les femmes.

Le tabac est directement responsable de cancers bronchiques, de la vessie ou de la vésicule biliaire.

Enfin, le tabagisme actif et/ou passif est le premier risque à éradiquer pour un mode de vie équilibré.

 

 

1-4  La sédentarité :

 

Dans tous les cas, une activité physique adaptée à la condition de chacun s’impose. Moralement et physiquement, les bienfaits de l’activité sportive sont démontrés. Elle contribue à l’entretien et au maintien de la santé. Une demi-heure de marche par jour ou une heure d’activité sportive vigoureuse par semaine sont de bonnes habitudes à adopter.

 

1-5  Alimentation et surcharge pondérale :

 

Aujourd’hui, de nombreuses affections cancéreuses sont imputables à un déséquilibre alimentaire.

L’influence de l’apport calorique en graisses semble de plus en plus établie dans le développement des cancers du sein, du côlon, de la prostate et de l’endomètre. L’obésité joue un rôle important dans les cancers du côlon chez l’homme et du sein chez la femme. Dans ce contexte, surveiller son poids et son alimentation devient essentiel. L’alimentation doit être variée et équilibrée, adaptée aux besoins métaboliques de chacun. La consommation quotidienne de cinq fruits et légumes au moins (vitamines, nutriments et fibres) assure un rôle protecteur avéré.

 

Moins de viandes et de graisses animales, plus de poissons, moins de sel, moins d’alcool, sont des règles de base à adopter.

 

 

1-6  Les pratiques sexuelles :

 

Attitudes et comportements sexuels peuvent influencer le risque de développer un cancer.

 

Les cancers du col de l’utérus sont plus fréquents chez les femmes ayant eu des relations sexuelles précoces et avec de nombreux partenaires (plus grand risque de développer des infections virales du col, pouvant faire le lit d’un cancer), ainsi que chez les femmes ayant eu de nombreuses grossesses.

Le risque de développer un cancer du sein est réduit par une grossesse menée à terme chez une jeune femme, ce qui n’est pas le cas chez les femmes ayant une première grossesse tardive.

Les pratiques sexuelles à risques exposent aussi au risque de transmission du virus de l’immunodéficience (VIH), responsable du SIDA dont l’une des complications est un cancer, le sarcome de Kaposi.

 

 

1-7  L’exposition au soleil :

 

Chez les personnes à peau claire, l’exposition au soleil est un facteur de risque pour les cancers de la peau. Ceux-ci apparaissent principalement au niveau des zones exposées du visage, des bras et des mains.

Dans tous les cas, l’utilisation de crèmes solaires à forts indices de protection est vivement encouragée.

 

 

1-8  Moyens et aides possibles :

 

La prévention primaire est l’un des rôles du médecin.

 

En pratique, on sait maintenant que :

 

§  Le frottis cervico-vaginal diminue la morbidité des cancers du col utérin. Réalisé tous les trois ans (ou plus chez les femmes à risques), il doit être prolongé jusqu’à 65 ans au moins.

§  La mammographie, en dépistage de masse, abaisse la mortalité chez les femmes de 50 ans et plus. Le Plan Cancer en a prévu la généralisation à l’ensemble du territoire pour les femmes de 50 à 74 ans.

§  Le dépistage de masse des cancers du côlon (test Hemoccult) se généralise.

§  Les dépistages de la prostate (toucher rectal, échographie, dosage de PSA, …) ou encore de l’endomètre et de l’ovaire font l’objet d’études et ne sont pas encore recommandés en dépistage de routine.

§  Mais la prescription de tests de diagnostic systématiques en médecine générale (dépistage individuel) est une attitude très coûteuse et sans véritables conséquences positives évaluables pour la santé des personnes. En revanche, un interrogatoire bien conduit et un examen clinique approfondi sont peu coûteux et ont prouvé leur intérêt.

§  Enfin, la vaccination peut dans certains cas être une mesure de prévention primaire d’un cancer. C’est le cas de la vaccination contre l’hépatite B, notamment dans les pays où le virus responsable de cette maladie hautement transmissible par le sang ou les relations sexuelles, sévit à l’état endémique. En effet, dans 10 à 20% des cas une hépatite virale B peut devenir chronique, l’organisme ne parvenant pas à éliminer le virus. Celui-ci continue d’agresser le foie et peut induire un cancer primitif du foie après un certain nombre d’années. La vaccination élimine ce risque.

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2 - LES RISQUES INFECTIEUX:

 

Le cancer est une maladie multifactorielle dans laquelle interviennent une susceptibilité génétique et des facteurs environnementaux tels que le tabac, les radiations, l’alcool, …

 

L’influence de certains micro-organismes est également un facteur déterminant. Les agents infectieux incriminés dans la survenue des cancers partagent un certain nombre de caractéristiques biologiques :

 

  • Ils existent à l’état latent jusqu’au démarrage de l’infection (virus d’Epstein Barr) ou ils peuvent être la cause d’infections chroniques (virus de l’hépatite B ou de l’hépatite C)
  • De nombreuses personnes ont été infectées mais ne déclareront pas pour autant un cancer lié à l’un de ces virus. Le développement d’un cancer dans ce contexte est donc aléatoire et rare.
  • Une carence immunitaire est souvent à l’origine du développement du cancer: (immunodéficience après chimiothérapie, traitement immuno-suppresseur après transplantation d’organe, infection par HIV)
  • Le mécanisme généralement incriminé est celui d’une interférence entre les mécanismes de régulation cellulaire et le développement des cellules infectées. L’augmentation de la dégradation cellulaire entraîne un risque accru de malignité.

 

Un certain nombre de virus sont directement liés à des cancers. Ce qui est vrai pour certains virus l’est aussi pour certaines bactéries et localisations cancéreuses. Cependant, selon les localisations et les agents en cause, le nombre de cancers attribuables à des causes infectieuses est très variable.

 

2-1  Règles de prévention :

 

·         Prévention primaire :

 

Les infections ayant de multiples relations avec les cancers, les traitements anti-infectieux occupent une grande place en cancérologie. La prévention primaire passe par la vaccination et/ou une politique de réduction des risques (dépistage des virus dans les dons du sang, rapports sexuels protégés).

 

A titre préventif, la vaccination, lorsqu’elle est disponible, est le meilleur moyen d’éviter l’apparition de l’infection et donc d’un cancer associé. La vaccination sans doute la plus démonstrative est celle contre le virus de l’hépatite B (en sachant qu’une hépatite B peut devenir chronique, exposant au risque de cirrhose puis du cancer du foie) ; ainsi, en Asie du sud-est et plus précisément à Taïwan où le virus de l’hépatite B sévit à l’état endémique, une vaccination universelle contre ce virus a permis de faire chuter le nombre de cancers primitifs du foie induits par ce virus.

 

Pour les infections à HCV, HTLV-1, HBV et HIV, dont la transmission se fait essentiellement par voie sanguine, un dépistage systématique dans les produits du sang est en place. Le risque résiduel est désormais essentiellement représenté par les toxicomanies par voie intraveineuse et pour HPV, HHV-8, HBV, HTLV-1, HCV et HIV, une protection lors des rapports sexuels par des préservatifs est la mesure efficace de prévention primaire de l’infection.

 

IL est aujourd’hui admis qu’une bactérie : Hélicobacter pylori , est l’agent étiologique de nombreuses pathologies gastro-duodénales, notamment les ulcères gastro-duodénaux. Cet agent qui infecte 50% de la population mondiale, joue un rôle important dans la genèse des cancers gastriques et des moyens sont mis en œuvre pour son éradication. Ils vont de la recherche systématique de la bactérie par des prélèvements biopsies lors d’une  fibroscopie, aux tests spécifiques de dépistage de la bactérie et au traitement des patients infectés par des antibiotiques pendant 14 jours mais aussi par l’amélioration des conditions d’hygiène.

 

·         Prévention secondaire :

 

Si la contamination s’est faite malgré la prévention primaire, les antibiotiques, les anti-viraux, les anti-parasitaires et la chirurgie vont avoir un rôle déterminant. Ils constituent la seconde ligne de défense ou prévention secondaire.

 

En cas d’hépatite chronique, qu’elle soit due à HBV ou à HCV, pour prévenir le risque de cirrhose et de cancer du foie, des traitements anti-viraux peuvent être envisagés. Mais dans tous les cas de figure et quelle que soit l’efficacité de ces traitements, il est recommandé de diminuer la consommation d’alcool, produit hautement toxique pour le foie.

 

Le dépistage et le traitement des infections à HPV, par un examen gynécologique régulier dont un frottis, permettent de réduire très significativement le risque de cancer du col utérin.

 

Mais quel que soit le contexte, l’information, le dépistage et le traitement doivent faire baisser le nombre de cancers liés aux différents agents infectieux.

 

2-2  Moyens et aides possibles :

 

Au cours des dernières années, le lien entre certains cancers et des agents infectieux, virus, bactéries ou parasites, a été clairement établi, ce qui permet d’envisager la production de vaccins dirigés contre des cancers. Les chercheurs espèrent que des vaccins contre plusieurs types de cancers provoqués par des infections pourront être développés dans un avenir proche.

 

D’autres infections chroniques à priori bénignes semblent avoir un effet promoteur de la carcinogenèse. Ainsi, certaines salmonelles pourraient faciliter le développement tumoral, alors que d’autres bactéries : Escherichia coli par exemple, agiraient par l’intermédiaire des toxines qu’elles sécrètent. Ces toxines interviendraient à différentes étapes du cancer par l’intermédiaire de cytokines ou autre composés responsables de mutations génétiques. Les recherches dans ce domaine sont actives mais les résultats sont encore partiels ou contradictoires.

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3 – NICOMEDE :

 

 

NICOMEDE est un outil d’autoformation en ligne destiné à approfondir les connaissances des différents acteurs de la lutte contre le tabagisme.

Facile à prendre en main, ce didacticiel permet d’évoluer de manière interactive et intuitive au fil des leçons.

 

Destiné aussi bien aux médecins généralistes qu ‘au grand public soucieux de s’informer, NICOMEDE permet à chacun de comprendre le produit tabac, les conséquences du tabagisme et les techniques de sevrage.

 

Le didacticiel étant découpé sous forme de leçons indépendantes les unes des autres, agrémentées de quiz et de jeux pédagogiques, chacun pourra avancer à son rythme pour tout savoir sur le tabac.

 

Pour accéder à NICOMEDE, connectez-vous au site Internet : www.nicomede.fr

 

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B – LES FACTEURS DE RISQUES :

 1 – LE TABAC, Première cause évitable de mortalité par cancer :

 

La majorité écrasante des cancers du poumon est provoquée par le tabagisme et, la lutte contre le tabac est manifestement l’une des toutes premières priorités, avec pour cible non seulement les hommes, mais également de plus en plus les femmes.

 

Il y a eu des progrès substantiels chez les hommes en Europe, mais la situation chez les femmes, et notamment les femmes jeunes, est source d’inquiétude. Il y a également de grandes disparités entre l’Europe du Nord et l’Europe Centrale et de l’Est. L’Europe Centrale et de l’Est devrait devenir une cible particulière de la lutte contre le tabac

 

 

Tabac et cancers en 2000 :

 

27% des cancers chez l’homme

6.1% des cancers chez la femme

45% des cancers chez l’homme et la femme

21% des cancers de la bouche et du pharynx

33.4% des morts par cancer chez l’homme

9.6% des morts par cancer chez la femme

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2 - LA FRANCE DOIT SORTIR DU TABAC !:

 

Première cause de mortalité prématurée et première cause de cancers évitables, le tabac tue massivement 6 millions de personnes chaque année dans le monde.

 

Responsable de la mort d’une personne adulte sur 10, le tabac est le facteur majeur des maladies non transmissibles (MNT) : maladies cardio-vasculaires, cancers, maladies respiratoires chroniques et diabète. Si la tendance se poursuit, les décès pourraient atteindre le chiffre de 10 millions par an à l’horizon 2020.

 

En France, le tabac tue 60 000 personnes par an.7 personnes meurent prématurément par jour en France de leur consommation de tabac.

 

La France fait partie des très mauvais élèves : 31% des adultes fument contre 21% en Grande-Bretagne et 13% en Californie.

 

Historiquement et légitimement très impliquée dans la lutte contre le tabac, la Ligue contre le cancer passe à la vitesse supérieure et exige que la France sorte du tabac d’ici 2030. Au niveau mondial, la Ligue demande la mise en place d’un dispositif global d’actions décisives comme l’instauration d’un prélèvement solidaire sur les ressources engendrées par les produits du tabac.

 

A l’occasion de la journée mondiale sans tabac du 31 mai 2010, la Ligue nationale contre la cancer a rappelé que les femmes étaient les premières victimes du tabac : la mortalité par cancer du poumon chez les femmes de 35 à 44 ans a quadruplé dans les 15 dernières années (chez les hommes de la même tranche d’age, elle a été divisée par 2 dans les 10 dernières années).

 

Nos jeunes collégiennes et lycéennes fumeuses sont susceptibles, si rien n’est fait, de faire partie des 40 000 femmes françaises qui décèderont d’un cancer du poumon en 2020.

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3 - LA LIGUE DIT STOP !

 

 

Pour sortir la France du tabac, il faut de l’ambition, de l’audace et de la démocratie !

 

«  La Ligue, porte parole des victimes d’aujourd’hui et de demain, a décidé en toute indépendance de lancer le coup d’envoi de la désintoxication de la société et de l’Etat » confirme le Professeur Gilbert LENOIR, président de la Ligue contre le cancer.

 Il ajoute : « Grâce à la force de nos 727 000 adhérents et de nos milliers de bénévoles, je mettrai toute mon énergie pour que la Ligue mette en œuvre cette sortie du tabac. Je tiens à préciser que sortir n’est pas interdire. Nous ne gagnerons pas sur le terrain de la prohibition. Nous gagnerons étape après étape grâce à des mesures bien, préparées et concertées entre les différents acteurs de lutte contre le tabac afin de désintoxiquer notre société et les Etats de la dépendance au tabac ».

 

La Ligue contre le cancer a profité de la journée mondiale sans tabac, en 2010, pour appeler à une forte mobilisation, citoyenne et internationale et pour accompagner la société française à sortir de l’emprise du tabac, d’ici 2030. Elle prend, ainsi, la tête d’un mouvement international pour la mise en place d’un dispositif global d’actions décisives comme un plan global international notamment européen (4 pays européens se sont déjà engagés dans la sortie du tabac) et la mise en place d’un prélèvement solidaire sur les ressources engendrées par les produits du tabac.

 

Objectifs de ce prélèvement à l’échelle mondiale :

 

§  accompagner les fumeurs dans l’arrêt

§  financer des campagnes de prévention et des actions de terrain concrètes

§  contrer les lobbies

§  désintoxiquer la société française

§   financer les plans de lutte contre les maladies non transmissibles.

 

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C – REDUIRE LES RISQUES :

1 – PLAISIR ET EQUILIBRE ALIMENTAIRE :

 

1-1  Manger mieux       

 

      L’équilibre alimentaire est primordial. Il repose sur une alimentation variée et diversifiée, adaptée à vos besoins et à votre métabolisme. Les fruits et légumes consommés en quantité et en variété, ont un effet protecteur sur la vie des cellules, contribuant ainsi à diminuer le risque de développer un cancer. Cet effet protecteur est notamment dû aux minéraux et aux micro-nutriments (flavonols, quercitine, lycopène, phyto-estrogènes, …) qu’ils contiennent en quantité importante.

 

Autre vertu des fruits et légumes : les vitamines qu’ils contiennent (qu’ils soient crus, cuits, frais ou congelés) sont mieux adaptées aux besoins de l’organisme et moins coûteux que les compléments vitaminiques du commerce. Car c’est par la consommation des aliments entiers et dans la pratique de bonnes habitudes nutritionnelles que le bénéfice santé se révèle.

 

1-2  Quelles relations entre alimentation et cancers ?

 

On ne connaît pas toutes les molécules impliquées dans le phénomène, mais les aliments qui diminuent les risques sont identifiés : une consommation élevée de fruits et légumes diminue le risque de certains cancers, tandis que l’alcool l’augmente de manière significative. Restent la viande, les graisses et le sel, à consommer avec modération.

 

Si des substances cancérigènes pouvant être contenues dans l’alimentation ont été identifiées, elles ne semblent contribuer que pour une faible part à l’impact global de l’alimentation sur le risque de cancers.

 

Dans les pays économiquement développés, on ne dispose d’ailleurs pas d’éléments précis permettant d’affirmer qu’un aliment donné (hormis l’alcool) puisse directement provoquer un cancer, comme c’est le cas pour le tabac, l’amiante ou les radiations. Ce que l’on sait en revanche avec certitude, c’est que la présence ou l’absence dans l’alimentation de facteurs protecteurs peut favoriser ou au contraire freiner l’apparition de certains cancers.

 

 

1-3  Les règles :

 

 

·         Règle n°1 : Plus de fruits et légumes

 

De nombreuses études, menées depuis plus de 50 ans, ont démontré que les sujets consommant davantage de fruits, de légumes, de poisson et dans une moindre mesure de céréales, développaient moins de cancers des voies digestives (bouche, œsophage, estomac, côlon), des voies respiratoires (bronches et poumons) et du pancréas.

Il est ainsi recommandé de manger chaque jour entre 400 et 800 g de fruits et légumes variés, ce sui correspond à 5 fruits et légumes par jour au minimum. Frais, crus ou cuits, ils apportent toutes leurs qualités nutritionnelles, mais peuvent aussi être achetés en conserves ou surgelés.

 

A noter que la France compte 60% de « sous-consommateurs » de fruits et légumes, avec une moyenne de 285 g seulement par personne et par jour. Les femmes intègrent plus facilement les fruits et légumes à leur alimentation, et les hommes devraient suivre leur exemple. Une alimentation plus riche en fruits et légumes leur permettrait de diminuer les risques de cancer de 31%. C’est ce que révèle l’étude SUVIMAX menée sur plus de 13 000 personnes pendant huit ans. Cette étude apporte de surcroît des preuves sur l’impact des vitamines et minéraux anti-oxydants sur la santé.

 

·         Règle n°2 : moins de viande et de graisses animales, mais plus de poisson

 

On sait que les régimes trop riches en viande, et notamment en charcuterie et viandes cuites à haute température, augmentent le risque de cancer de l’intestin . La consommation de viandes ne devrait pas dépasser 10% de l’apport énergétique quotidien. De la même manière, les huiles ou graisses ne devraient pas fournir plus de 30% de cet apport, alors que la moyenne française se situe autour de 40%.

En liaison directe avec cette consommation, le surpoids est incriminé dans le risque de cancer du sein après la ménopause.

 

·         Règle n°3 : moins de sel

 

Consommé avec excès, le sel joue un rôle dans le développement des cancers de l’estomac. En causant des dommages sur la muqueuse gastrique, il favoriserait la transformation cancéreuse des cellules. De plus, la conservation des aliments par salage (poisson, viandes, etc…) entraîne la formation de substances appelées nitrosamines, qui ont un rôle cancérigène. Il est admis que la consommation individuelle de sel, quelle que soit sa source, ne devrait pas dépasser 6g par jour.

 

·         Règle 4 : moins d’alcool

 

La consommation d’alcool est le principal facteur de risque alimentaire de cancer en France. L’alcool, en particulier lorsqu’il est associé au tabac, joue un rôle dans le déclenchement des cancers de la langue, de la gorge, du sein et du foie.

En France, 7% à 10% des cancers seraient associés à un excès de boissons alcoolisées, avec une incidence parmi les plus élevées d’Europe pour les cancers de l’œsophage et du pharynx.

Il est donc conseillé de limiter sa consommation à moins de deux verres d’alcool (vin, bière, apéritif) par jour pour les hommes et à moins d’un verre par jour pour les femmes.

 Pour mémoire, on compte en France environ cinq millions de consommateurs excessifs, dont deux à trois millions d’alcoolo dépendants.

 

 

 

1-4  Moyens et aides possibles :

 

Associez différents groupes d’aliments dans un même plat vous permet de répondre facilement aux besoins de votre organisme : légumes crus (vitamine C, polyphénols), légumes cuits (minéraux, fibres), féculents (glucides complexes), viande ou poisson (protéines, fer), huile (vitamine E).

 

Complétez votre menu avec un produit laitier (calcium) et un fruit (vitamines).

 

Préserver sa santé passe par de bons gestes en cuisine et à table :

 

§  faites cuire vos aliments à température modérée

§  ne consommez qu’occasionnellement charcuteries et jus de cuisson

§  limitez enfin grillades et barbecues s’ils ne sont pas réalisés dans de bonnes conditions.

 

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2 – TABAC ET CANCER :

 

Le tabagisme est responsable d’au moins 60 000  morts par an en France et représente la première cause de mortalité évitable.

 

Le tabac est en effet responsable de cancers, de maladies respiratoires et de maladies cardiovasculaires.

 

§  En se consumant, le tabac dégage de nombreuses substances toxiques, dont les goudrons qui provoquent des cancers. Ce sont notamment les cancers du larynx, des bronches et de la bouche qui sont directement imputables à l’action du tabac. Pour d’autres cancers (voies digestives, vessie, voies urinaires, rein, œsophage, col de l’utérus), le tabac est un facteur favorisant certain. Globalement, on considère que plus de 30% de l’ensemble des cancers dépendent du tabac.

§  En deuxième lieu, la fumée de cigarette, du fait de nombreuses substances irritantes qu’elle contient, est responsable de maladies respiratoires comme la broncho-pneumopathie chronique obstructive, laquelle peut évoluer vers une insuffisance respiratoire. Le tabagisme est également un facteur aggravant d’une maladie asthmatique.

§  Enfin le tabagisme est un des principaux facteurs de risque cardiovasculaire en favorisant le développement de l’athérosclérose.

 

Pas moins de 27 000 décès par an sont imputables aux seuls cancers bronchiques, et dans 80 à 90% des cas, le tabac est incriminé. Ces chiffres impressionnants rappellent qu’il est essentiel de développer les moyens de prévention et la lutte contre le tabagisme.

 

2-1 : Dépendance à la nicotine :

 

La nicotine agit sur le système nerveux, dans une zone du cerveau dite de « de récompense », tout comme le fait l’héroïne. Elle produit, quelques secondes après l’inhalation de la fumée de cigarette, des sensations de plaisir auxquelles il est difficile de résister, créant ainsi la dépendance. A l’inverse, des sensations désagréables, dites »de manque », apparaissent dès que l’on prive le cerveau de nicotine. Le fumeur devient alors nerveux et dès qu’il trouvera une cigarette, il en inhalera vigoureusement la fumée pour retrouver rapidement un taux suffisant de nicotine dans le sang (nicotinémie). Cette dépendance à la nicotine explique la stratégie du traitement substitutif, permettant à un fumeur de rompre avec le tabac sans éprouver les effets désagréables du manque de nicotine.

 

2-2 : Rôle du tabagisme passif :

 

      L’inhalation régulière par un non-fumeur, de la fumée de tabac provenant d’un fumeur (au domicile ou sur le lieu de travail), ce que l’on appelle la tabagisme passif, est un facteur de risque reconnu pour le développement d’un cancer du poumon. Le « fumeur passif » augmente ainsi de 30% son risque de développer la maladie par rapport à un non-fumeur. On estime à une centaine de cas par an le nombre de cancers du poumon dus au tabagisme passif.

      Enfin, l’incidence du tabagisme passif durant la petite enfance contribue largement à une augmentation des affections de la sphère ORL (rhinites, bronchites, …), des allergies et de l’asthme.

 

2-3 : Hommes et femmes ne sont pas égaux face au tabac :

 

      La femme, qui grâce à son statut hormonal, bénéficie d’un certain degré de protection naturelle contre les maladies cardiovasculaires, voit cette défense considérablement réduite par le tabac. Celui-ci favorise en effet la formation de caillots dans le sang, abîme la paroi des vaisseaux sanguins et contribue à la réduction de leur calibre par le développement de plaques d’athérome.

 

Chez la femme, fumer multiplie par deux le risque d’infarctus du myocarde et augmente significativement le risque d’accidents cérébro-vasculaires.

 

Ce dernier risque est encore plus important en cas de recours à une contraception orale. De plus, la fumeuse sécrète moins d’oestrogènes, ce qui entraîne une baisse de la fertilité. Les femmes non fumeuses désirant un enfant sont enceintes plus rapidement après l’arrêt de la contraception que les fumeuses. Enfin, chez les fumeuses, on observe souvent une ménopause anticipée d’environ deux ans et une augmentation de la fragilité osseuse.

 

Fausses couches et mort subite du nourrisson

 

Les experts insistent par ailleurs sue les dangers du tabagisme chez les femmes enceintes. On observe en effet une augmentation de la proportion de fausses couches et de naissances prématurées, une baisse du poids de naissance moyen et un risque augmenté de mort subite du nourrisson.

 

Grossesse et tabac sont donc peu compatibles et il faut inciter chaque femme enceinte à rompre définitivement avec le tabac. Mais même si la grossesse est une motivation forte pour s’arrêter de fumer, malheureusement, 25% des femmes enceintes continuent de fumer et les trois quarts de celles qui arrêtent de fumer pendant leur grossesse reprennent après l’accouchement…

 

Seul ou en association avec l’alcool, le tabac est la première cause de cancers en France et dans le monde.

 

Il est à l’origine de 66 000 décès chaque année dans notre pays dont 56500 chez les hommes. Des chiffres qui devraient malheureusement être doublés d’ici une vingtaine d’années chez l’homme et multipliés par 10 chez la femme.

 

Responsable de la très grande majorité des cancers du poumon, le tabac est à l’origine de 40% des cancers de la vessie et d’environ 30% des cancers du rein et du pancréas. En association avec l’alcool, il est incriminé dans la survenue de la quasi-totalité des cancers du larynx, de la gorge, de l’œsophage et de la cavité buccale. Il augmente enfin le risque de cancer du col de l’utérus chez les fumeuses.

 

 

      2-4 : Les règles :

 

Tousser, cracher souvent, être sujet à des bronchites chroniques sont trop souvent des signes qui semblent anodins et qui pourtant devraient inciter à consulter un médecin. Mais même si le bilan médical est rassurant, il est impératif d’arrêter de fumer.

 

Avant d’arrêter, vous pouvez tester votre dépendance à la nicotine grâce au test de Fagerstrom. Structuré autour de six questions simples, ce test permettra de mesurer votre dépendance et, le cas échéant, de choisir le bon dosage de votre traitement de substitution tabagique.

 

 

      2-5 : Moyens et aides possibles :

 

                         Le Sevrage

 

Les tentatives de sevrage doivent s’appuyer sur des moyens thérapeutiques et psychologiques adaptés à l’intensité de la dépendance. Lorsque cette dépendance est forte, une aide médicale est nécessaire.

 

Trois techniques ont fait leurs preuves :

§  les substituts nicotiniques (patchs ou gommes à mâcher), qui diminuent les symptômes de la dépendance physique et permettent de doubler le taux de réussite du sevrage (de 10 à 20%),

§   les thérapies comportementales et cognitives qui ont pour but d’aider le fumeur à se débarrasser d’un comportement néfaste en recherchant les causes et la nature de son tabagisme,

§  Et enfin le bupriopion, Zyban R, un médicament initialement proposé comme traitement de certaines dépressions.

 

Dans tous les cas, une démarche de sevrage nécessite un suivi médical au long cours, car en l’absence de suivi, on compte en moyenne 80% de récidives dans l’année qui suit l’arrêt du tabac.

 

La durée d’exposition et la dose quotidienne

 

Autre fait notable : la durée de l’exposition (nombre d’années pendant lesquelles on a fumé) et donc l’âge auquel on a commencé à fumer, sont quatre fois plus déterminants que la quantité de cigarettes fumées.

 

Inversement, avec l’arrêt du tabagisme, le risque de survenue d’un cancer du poumon diminue régulièrement avec le temps. Ce bénéfice est observé quel que soit l’âge auquel on arrête de fumer. Il n’est donc jamais trop tard pour arrêter.

 

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3 – ALCOOL ET CANCER :

 

Les données concernant la relation entre cancer et alcool sont principalement basées sur des études épidémiologiques, et l’on dispose aujourd’hui de suffisamment de preuves du potentiel cancérigène des boissons alcoolisées.

 

La consommation d’alcool est associée de façon dose-dépendante à une augmentation de l’incidence de plusieurs types de cancers. Tous les types de boissons alcoolisées semblent impliqués, ce qui indique un rôle étiologique de l’alcool ou de ses métabolites.

 

Outre l’éthanol, les boissons alcoolisées contiennent d’autres substances issues de la fermentation ou de la préparation qui sont elles aussi mises en cause dans le processus de cancérisation : aldéhydes, esters, cyanures et alcools autres que l’éthanol, auxquels il faut ajouter certains additifs et contaminants (terpènes, phytotoxines, …).

 

3-1  Chiffres et mesure du risque :

 

§  Cancer buccal et cancer du pharynx :

 

Ces deux types de cancers sont en étroite corrélation avec la consommation alcoolique. Le tabac et l’alcool interagissent au niveau du risque de tels cancers, qui sont environ 37 fois plus élevés chez les grands buveurs / grands fumeurs, que chez les non-buveurs – non fumeurs.

Parmi les non-fumeurs, les grands buveurs encourent un risque de cancer 6 fois supérieur aux abstinents. Les mêmes risques élevés ont été décrits pour toutes les catégories de boissons alcoolisées.

 

Il est intéressant de noter que les adeptes des bains de bouche présentent également un risque élevé de développer des cancers de la bouche, ce qui donne à penser que l’alcool influencerait la carcinogenèse plus par voie locale que par voie générale.

 

En dehors de l’alcool et du tabac, une mauvaise alimentation générale est fortement associée au risque de cancer buccal et du cancer du pharynx.

 

§  Cancer de l’œsophage :

 

Il est fortement associé à la prise d’alcool, et ici aussi, l’alcool s’associe au tabac en majorant le risque. Même chez les non-fumeurs, les grands buveurs présentent un risque 10 fois supérieur de développer un cancer de l’œsophage que les abstinents complets.

Bien que le risque du cancer de l’œsophage augmente avec la quantité d’alcool absorbée, il semble que les consommateurs de boissons à haute teneur d’alcool soient plus sensibles au risque de ce type de cancer, que les buveurs de vin et de bière.

Comme dans le cas du cancer buccal et du cancer du pharynx, l’alcool  aggrave les effets d’une mauvaise alimentation.

 

§  Cancer du larynx :

 

L’alcool est un facteur déterminant du cancer du larynx. Le profil de risque est comparable à celui observé dans le cadre du cancer de la bouche, du pharynx et de l’œsophage.

 

§  Cancer du foie :

 

L’alcool est un poison avéré du foie, et la destruction des tissus hépatiques qu’il provoque peut être à l’origine de cirrhoses alcooliques ; la cirrhose pouvant ensuite dégénérer en cancer du foie.

 

§  Cancer colorectal :

 

Des études comparatives portant sur différentes populations tendent à prouver l’incidence de la consommation de boissons alcoolisées sur le risque de développement de cancers colorectaux. La bière présente une corrélation positive au cancer rectal, plus fréquemment chez l’homme que chez la femme.

 

§  Cancer du pancréas :

 

Une pancréatite accompagnant souvent les cas de cancers du pancréas, l’incrimination de la consommation de boissons alcoolisées dans le développement de cancers du pancréas a souvent été évoquée. L’alcool entraînerait un cancer du pancréas par l’intermédiaire d’une pancréatite, mais ce lien demeure controversé.

 

§  Cancer du sein :

 

Dans de nombreuses études, les signes d’une relation entre la prise d’alcool et le cancer du sein sont évidents. Mais la grande variabilité des résultats et la faible pente de la courbe réponse-dose ne permettent pas de conclure de façon définitive. Certains chercheurs pensent cependant que les éléments de preuve sont suffisants pour dénoncer le rôle dose dépendant de l’absorption d’alcool dans le développement de cancers du sein.

 

 

3-2  Les règles :

 

L’usage principal de boissons non alcoolisées, associé à une consommation accessoire et non habituelle de boissons alcoolisées devrait être une règle de base. La quantité, le rythme d’absorption ainsi que la quantité des boissons absorbées doivent être clairement définis.

 

Entre les repas, et lorsque l’estomac est vide, seule l’eau et les boissons sans alcool doivent être consommées.

 

Pendant les repas, l’eau doit toujours constituer la boisson de base, et si une boisson alcoolisée est consommée, elle le sera en petite quantité et de façon tout à fait occasionnelle.

 

La consommation même modérée d’alcool majore le risque de cancer.

 

 

3-3  Mesures – Equivalence :

 

Les consommations servies dans les lieux publics, tous alcools confondus, contiennent généralement la même quantité d’alcool pur, à savoir 8 à 12g par verre.

 

Ainsi, 1 verre de vin = 1 digestif = 1 verre de cidre = 1 verre de bière = 1 porto = 1 whisky = 1 pastis = 1 verre de champagne (1 verre étant à chaque fois la dose standard servie dans un « bar-café »).

 

 

3-4  Moyens et aides possibles :

 

L’alcool provoque directement 23 000 décès par an, dus aux cancers, aux cirrhoses et à l’alcoolo dépendance.

 

En tant que facteur associé, il est à l’origine de 45 000 décès annuels et représente la deuxième cause de mortalité évitable après le tabac.

 

Les complications potentielles sont pour certains l’occasion de prendre conscience des risques de leur conduite d’alcoolisation. La survenue d’un événement grave lié à la consommation d’alcool est souvent le facteur déclenchant de la prise de conscience.

 

Quelles que soient les modalités de prise de conscience et de prise en charge, c’est le sujet qui doit pouvoir envisager son propre sevrage, étape incontournable vers la guérison.

 

Des aides médicamenteuses et psycho-comportementales existent. Parlez-en avec votre médecin.

 

Des informations complémentaires sont possibles sur les sites suivants :

 

§    http://www.alcooliques-anonymes.fr

§    www.alcoologie.org

 

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4 – SOLEIL ET CANCER :

 

 

Le soleil est dangereux pour notre peau comme en témoigne la forte progression du nombre de cancers cutanés : le risque d’en développer un est aujourd’hui de 1 sur 100.

 

Si les rayons ultraviolets B (UVB) sont largement responsables des effets nocifs du soleil, il convient de se protéger des UVA, reconnus mutagènes. Deux principaux types de lésions sont décrits :

 

4-1 : Carcinomes Cutanés :

 

Ce sont les plus fréquents (90% des cas), mais aussi les plus guérissables des cancers de la peau.

 

·         Les carcinomes baso-cellulaires surviennent la plupart du temps après 60 ans. Ils se développent sur la peau, à des endroits exposés au soleil. Le plus souvent sous forme de petites lésions fermes (décrites comme de petites perles nacrées) en relief et parcourues de petits vaisseaux, ces carcinomes peuvent aussi apparaître sous l’aspect d’une lésion croûteuse ou d’une ulcération persistante. Toute modification cutanée persistante doit conduire à une consultation dermatologique.

 

·         Les carcinomes spino-cellulaires, surviennent sur les mêmes zones cutanées mais se montrent plus rapidement évolutifs. Ils se présentent comme de petits bourgeons rouges, en relief, ulcérés, saignant facilement. Ce type de cancer peut se développer au niveau d’une cicatrice ou d’une lésion préexistante.

 

Pour les carcinomes, chirurgie et/ou radiothérapie sont efficaces.

 

4-2 : Mélanomes :

 

L’autre grand type de cancer cutané : le mélanome est une lésion pigmentée qui apparaît à la peau ou qui se développe à partir d’un naevus (grain de beauté) préexistant (15 à 23% des cas).

Dans les autres cas, il se développe progressivement sur une surface de peau saine, sous la forme d’une petite tache présentant une ou plusieurs des caractéristiques suivantes :

§     Des contours asymétriques

§     Une surface surélevée ou irrégulière

§     Un contour qui se teinte de brun, de noir, de rouge et parfois de bleu

§     Une grande taille.

Plus rares (1% environ des cancers de la peau) que les carcinomes, les cas de mélanomes sont toutefois en nombre croissant.

 

La chirurgie reste l’arme maîtresse pour traiter un mélanome détecté précocement. A un stade plus évolué, un traitement par chimiothérapie peut s’avérer nécessaire.

 

4-3 : Les Kératoses actiniques :

 

Ce sont des lésions planes, rouges ou rosées, rugueuses au toucher, généralement situées sur le front ou les oreilles et qui sont souvent le signe avant coureur d’un cancer débutant.

 

 

4-4  Principaux facteurs de risque :

 

Les principaux facteurs de risque apparaissent comme :

§  Les surexpositions de l’enfance avant l’âge de 15 ans

§  L’augmentation du temps des vacances

§  La recherche de destinations ensoleillées

§  Le développement des sports de plein air

§  L’esthétique du bronzage

 

Au cours des dernières décennies, nous avons accru et modifié dangereusement notre « consommation » de soleil. Alors que la quantité de rayonnements ultraviolets (UV) nécessaire à notre équilibre biologique est bien inférieure à celle à laquelle nous nous exposons ! Le caractère intermittent de l’exposition, avec l’alternance, peau blanche en hiver, peau bronzée en été, constitue également un facteur de risque en augmentant l’impact des UVA et UVB.

 

 Enfin, le bronzage sous lampe ou banc solaire à UVA constitue une pratique à haut risque. 50 à 70% des cancers de la peau sont ainsi directement liés à une surexposition aux rayons UVA/UVB. Au total, ce sont 60 000  nouveaux carcinomes et 7 000 nouveaux cas de mélanomes qui sont diagnostiqués chaque année en France. Et l’incidence des mélanomes, forme de cancer cutané  la plus grave, double tous les 10 ans chez les populations à peau blanche.

 

 

4-5  Règles de Prévention :

 

La prévention est simple. Elle consiste à faire un usage raisonnable du soleil, en évitant de s’exposer aux heures les plus chaudes (entre 11 et 16H), en utilisant des crèmes anti-solaires d’indices de protection supérieurs à 15, actives contre les UVA et les UVB et en renouvelant les applications toutes les 2 Heures. La protection de la peau des enfants est fondamentale, et le port de tee-shirts et de casquettes doit compléter l’action des crèmes protectrices.

 

4-6  Pour tous : renoncer au bronzage artificiel.

 

Le « soleil artificiel » reste dangereux pour la santé.

« Les expositions artificielles aux rayons ultraviolets A sont dangereuses, provoquant des lésions cutanées dont la guérison ne peut être contrôlée » avec précision » indiquait une mise en garde de l’Académie Nationale de Médecine le 1er avril 2003.

L’exposition aux UVA est d’autant plus dangereuse que les nouveaux appareils utilisés dans les solariums sont plus puissants et émettent en un temps plus court des quantités importantes de rayonnements.

 

4-7  Moyens et aides possibles :

 

§  A la plage, vous n’êtes pas entièrement à l’abri sous un parasol. Celui-ci ne permet d’arrêter les rayons solaires réfléchis par le sable

§  Nuages, vent et baignades ont un effet trompeur, en vous procurant une sensation de fraîcheur, ils vous donnent l’impression de ne pas prendre de coups de soleil. En réalité, même les nuages ne filtrent qu’une petite partie des rayons ultraviolets

§  Sable, neige ou plans d’eau augmentent le danger, quelle que soit la température extérieure. En effet, ces milieux réfléchissent le soleil : vous êtes donc doublement exposés !

§  Insolations, coups de soleil :

Le coup de chaleur ou insolation, est une réaction générale de l’organisme, liée à une exposition trop prolongée au soleil. Il se traduit par une sensation de malaise et de soif.

Il est conseillé, dans cette situation, de se reposer à l’ombre, dans un endroit frais et aéré, de boire de l’eau et de soulager ses maux de tête par de l’aspirine et du paracétamol.

Le coup de soleil est une brûlure locale de l’épiderme, d’étendue et de degrés variables. Le traitement sera externe et adapté çà la gravité de la lésion (pour connaître le produit adapté, consultez votre médecin ou votre pharmacien).

 

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5 – ENVIRONNEMENT ET CANCER :

 

   En présence d’un cancer, quels métiers exposant à des cancérogènes     rechercher ?

 

 

Les numéros entre parenthèses correspondent aux tableaux de reconnaissance des maladies professionnelles du régime général de la Sécurité Sociale.

 

5-1   Cancers du poumon :

o   Travaux ayant exposé aux poussières d’amiante (30 et 30 bis)

o   Manipulation de l’arsenic. Fabrication de pesticides (20 bis)

o   Utilisation d’acides forts

o   Entretien des fours de cokeries et usines à gaz, gazéification du charbon, ramonage et entretien des chaudières (16 bis)

o   Fabrication de l’aluminium. Grillage des mattes de nickel (37 ter)

o   Fabrication et utilisation de chromates, bichromates et chromage électrolytique  (10 ter)

o   Travaux effectués dans les mines souterraines de fer (44 ter)

o   Inhalation de poussières radioactives (6)

o   Inhalation de poussières de silice cristalline (25)

o   Poussières de cobalt et de tungstène (70 ter)

o   Industrie du caoutchouc

o   Usage du BCME dans l’industrie chimique (81)

 

5-2   Cancers de la plèvre, du péritoine, du péricarde :

Travaux ayant exposé aux poussières d’amiante(30)

 

5-3   Cancers du sinus de la face :

Usinage et traitement des bois exposant aux poussières du bois, menuisiers, ébénistes, charpentiers (47)

       Grillage des mattes de nickel (37 ter)

Fabrication et utilisation de chromates, bichromates, chromage électrolytique  (10 ter)

       Travail du cuir

 

5-4   Leucémies :

Production et utilisation du benzène : vernis, peintures, colles, solvants, industrie du caoutchouc, exposition aux carburants automobiles, industrie chimique   (4)

Travaux ayant exposé aux rayonnements ionisants, aux substances radioactives naturelles ou artificielles  (6)

       Exposition à l’oxyde d’éthylène (industrie chimique, procédés de stérilisation)

 

5-5   Cancers de la vessie:

       Manipulation d’amines aromatiques, de certains colorants  (15 ter)

       Vulcanisation de caoutchouc

Manipulation de goudrons, brais de houille, suies, ramonage et entretien de chaudières  (16 bis)

       Fonderies, fabrication de l’aluminium  (16 bis)

 

5-6   Cancers du foie (hépatocarcinome):

Complication d’une cirrhose survenue après Hépatite B ou C chez les professionnels de santé, de secours, de ramassage des déchets, se services funéraires   (45)

 

5-7   Cancers du foie (angiosarcome) :

Utilisation du chlorure de vinyle monomère (Polymérisation, industrie chimique)  (52)

 

5-8   Cancers du cerveau :

Fabrication de nitroso-guanidines et nitroso-urées et leur utilisation dans les laboratoires de biologie et de recherche  (85)

 

5-9   Cancers de la peau : 

Manipulation de l’arsenic (travail du cuir, fabrication de pesticides, verrerie, électronique)   (20)

Manipulation de goudrons, brais de houille et suies, ramonage et entretien de chaudières, fonderies, fabrication de l’aluminium   (16 bis)

       Usinage mécanique comportant l’usage de dérivés pétroliers   (36 bis)

Usinage mécanique comportant l’usage d’huiles minérales et bitumineuses   (16 bis).

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6 – LES 10 RECOMMANDATIONS PREVENTIVES SUITE AU RAPPORT WCRF :

 

 

Ces recommandations ont été établies par la WCRF (World cancer research fund) composée de 21 experts internationaux. Cette commission a d’abord mis en place une procédure de revue systématique de la littérature scientifique puis a analysé l’énorme littérature scientifique sur le sujet et enfin, a jugé l’évidence sur les critères de la médecine basée sur les preuves avant de produire ces recommandations.

 

Ce travail s’est déroulé sur 5 années, à raison d’une réunion tous les six mois.

 

 

 

Ces recommandations prennent en compte qu’environ le tiers des cancers peut être évité et elles s’inscrivent dans la perspective globale de la prévention des maladies chroniques « non communicable diseases ») telles le diabète et les affections cardio-vasculaires, dont les facteurs causaux sont en grande partie communs à ceux du cancer.

 

 

Les 10 recommandations ci-après de ce rapport concernent à la fois les populations et les individus.

 

 

Les 10 recommandations :

 

 

1)      Etre aussi svelte que possible, dans la limite normale du poids corporel

 

L’index moyen de masse corporelle (poids divisé par la taille au carré) doit se situer entre 21 et 23.

 

2)      Mener une activité physique faisant partie de la vie quotidienne

 

Pour la population, il faut diminuer de moitié la population sédentaire tous les 10ans.

Pour les individus, il faut être modérément physiquement actif soit une marche soutenue d’au moins 30 minutes chaque jour.

 

3)      Limiter la consommation des aliments énergétiques et éviter les boissons sucrées

 

Pour la population, l’apport énergétique moyen ne doit pas dépasser 125 kcal par 100 grammes.

Pour les individus, consommer rarement les aliments énergétiques, éviter les boissons sucrées, la « fast-food »

 

 

4)      Manger principalement des aliments d’origine végétale

 

Pour la population, la consommation moyenne quotidienne de légumes (sans amidon) et de fruits doit être d’au moins 600 g.

Pour les individus, consommer chaque jour au moins 5 portions (au moins 400 g) dé légumes sans amidon et de fruits. Manger des céréales et/ou des légumes secs.

 

5)      Limiter la viande rouge, éviter les viandes toutes préparées

 

      Pour la population, pas plus de 300 g en moyenne par semaine de viande rouge

      Pour les individus, en consommer moins de 500 g par semaine.

 

6)      Limiter les boissons alcoolisées

Pour la population, la proportion dépassant les limites recommandées doit être réduite d’un tiers tous les 10 ans.

Pour les individus, ne pas dépasser 20 à 30g par jour d’éthanol pour les hommes, 10 à 15 g pour les femmes.

 

7)      Limiter la consommation de sel et éviter les moisissures de céréales ou de légumes secs

 

Pour la population, la consommation moyenne journalière ne doit pas dépasser 5 g de sel.

Pour les individus, éviter les aliments préservés par le sel et limiter la consommation des aliments préparés avec ajout de sel afin d’assurer un apport quotidien inférieur à 6 g.

 

8)      Assurer les besoins nutritionnels par la seule alimentation

 

Pour la population, porter au maximum la proportion de la population assurant ses besoins nutritionnels sans suppléments.

Pour les individus, les suppléments diététiques ne sont pas recommandés pour prévenir le cancer.

 

9)      Les mères doivent allaiter, les enfants doivent être nourris au sein maternel

 

Pour la population, la majorité des mères doit allaiter exclusivement (c’est à dire à l’exclusion d’autre aliment ou boisson y compris de l’eau) pendant 6 mois.

Pour les individus, allaiter exclusivement jusqu’à 6 mois puis utiliser une alimentation complémentaire.

 

10)  Pour les patients survivants, adopter les recommandations de la prévention du cancer

 

Tous les survivants doivent bénéficier de soins nutritionnels dispensés par des professionnels si possible, et sauf avis contraire, suivre les recommandations diététiques, concernant le poids et l’activité physique.

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