LIGUE CONTRE LE CANCER

COMITE DU CANTAL

LES AIDES A LA RECHERCHE

 

 

A- LES AMBITIONS DE LA LIGUE :

 

Le soutien à la recherche en cancérologie est une des missions principales de la Ligue contre le cancer. La Ligue y consacre l’essentiel de ses ressources financières.

 

Sa politique de recherche est structurée autour de deux directions majeures et complémentaires : une politique régionale et des programmes d’envergure nationale.

La volonté de la Ligue est de développer une stratégie ambitieuse et lisible de soutien à la Recherche, basée sur des critères et programmes d’envergure nationale.

Soutenir des équipes de recherche d’excellence, développer des collaborations scientifiques nationales, favoriser la réalisation d’études épidémiologiques importantes et permettre la formation de chercheurs fait partie des priorités de la Ligue.

Les premières actions nationales, initiées en 1999 par le Professeur Gilbert LENOIR et devenues depuis des programmes « phare » du soutien à la recherche par la Ligue, concernent le programme « Equipes labellisées », le programme « Cartes d’Identité des Tumeurs » et  le programme « Le Soutien aux Jeunes Chercheurs », ce dernier étant périodiquement réajusté pour répondre à l’évolution nécessaire de la formation des chercheurs de demain.

En 2008, la Ligue a financé 97 équipes labellisées. Elle a choisi par ce label de sélectionner et soutenir des équipes de recherche d’excellence en cancérologie.

Plus récemment, des actions nationales ont été mises en place pour renforcer le soutien de la Ligue à la Recherche Clinique, dans des domaines complémentaires aux essais cliniques déjà subventionnés par la Ligue, et à la Recherche Epidémiologique dont le développement est encore trop limité en France.

Toutes les actions nationales font l’objet d’appels d’offres annuels.

 

B - LE FINANCEMENT DE LA RECHERCHE :

 

La Ligue est le premier financeur non gouvernemental de la recherche sur le cancer.

Le financement global de la Recherche par la Ligue s’élevait en 2007 à 33 295 270 €

La position de premier financeur est maintenue grâce aux Comités départementaux qui ont attribué une grande partie de leurs ressources provenant des dons et legs, au soutien de la Recherche, en particulier à celui des actions nationales engagées pour progresser dans la connaissance de la maladie pour améliorer la prise en charge des malades.

 

C - LE FINANCEMENT DES ACTIONS NATIONALES PAR LES COMITES :

 

 Les actions nationales font appel à une mutualisation des ressources des Comités départementaux et du siège. Elles sont mises en place et coordonnées par le Conseil Scientifique National.

Ces actions nationales, dont le financement total a été de 18 281 963 € en 2007, représentent une part importante (54.91%) du financement global de la recherche par la Ligue.

En 2007, 87 Comités départementaux ont participé au financement des actions nationales pour un montant de 11 021 813 € représentant 60.29% du financement accordé à ces actions.

Il était de 7 014 692 € en 2003, soit une progression de 57,12% en 5 ans, marquant ainsi une adhésion grandissante des Comités départementaux aux actions nationales mises en place par la Direction de la Recherche et l’accroissement de la mutualisation des moyens en faveur d’actions qui confèrent une grande visibilité au soutien que la Ligue apporte à la recherche.

 

D - LES ACTIONS FINANCEES PAR LE COMITE DU CANTAL EN 2010:

 

1-    RECHERCHE NATIONALE :

1-1-  Projet labellisé du Professeur  François MORLE

Le projet proposé et retenu par l’équipe du Professeur François MORLE était intitulé :

« Décryptage des réseaux de régulations géniques impliquées dans le contrôle de la prolifération et de la différenciation de la lignée érythrocytaire normale ou leucémique »

Le Comité du Cantal de la Ligue contre le cancer a accordé, lors de son Conseil d’Administration du 15 octobre 2010, une aide de 10 000 € à ce projet de recherche.

 

Bilan des travaux fin 2010 présenté par l’équipe de recherche :

§  De l’importance de cibler les réseaux oncogéniques plutôt que les oncogènes

Les cancers sont dus à la multiplication et la dissémination anarchiques de cellules au sein de l’organisme.Ce comportement anarchique résulte d’un long processus de sélection des cellules subissant successivement de multiples mutations qui leur permettent d’échapper au contrôle exercé par les cellules normales initialement avoisinantes.

 

D’importants progrès ont été réalisés ces dernières années pour inventorier ces mutations et décrire les modifications de l’expression des gènes qui différencient chaque type de cancer du tissu normal dont il est issu. L’établissement de ces « Cartes d’Identité des Tumeurs » fortement soutenu par la Ligue Nationale contre le Cancer, constitue aujourd’hui un atout majeur pour la recherche de nouvelles stratégies thérapeutiques. Contrairement à la réparation d’un système mécanique dont il suffit de changer les pièces défectueuses, la stratégie qui consisterait à vouloir corriger une à une chacune des mutations identifiées reste néanmoins techniquement hors d’atteinte et très probablement illusoire. La principale raison en est que l’existence et l’identité d’une cellule ne se résument pas à la séquence de son génome mais dépend avant tout de la dynamique des réseaux de régulations qui permettent de stabiliser l’expression d’un profil de gènes adapté à la survie dans un environnement donné. Outre leur dynamique, ces réseaux biologiques sont caractérisés par une très grande redondance et interconnexion entre de multiples voies de régulations qui leur confèrent une grande robustesse aux variations de l’environnement. C’set ce qui explique l’heureuse multiplicité des mutations nécessaires au développement d’un cancer mais également en retour la difficulté d’enrayer le processus une fois engagé. On conçoit ainsi que la recherche de nouvelles cibles thérapeutiques passe obligatoirement par la compréhension du fonctionnement de ces réseaux oncogéniques elle-même indissociable de la connaissance des réseaux assurant la production et le maintien des cellules normales. Dans cette perspective, notre équipe s’intéresse depuis plusieurs années aux réseaux de régulation de l’expression des gènes qui contrôlent la multiplication et la survie des cellules qui produisent les globules rouges aux dérèglements de ces réseaux dans les cancers dérivés de ces cellules (érythroleucémies) et à la recherche des points de faiblesses de ces réseaux susceptibles de fournir de nouvelles cibles thérapeutiques. La stratégie que nous développons pour cerner ces points de faiblesse consiste à rechercher quels sont les points de convergence situés en aval de plusieurs gènes spécifiquement altérés dans ces érythroleucémies.

 

§  Mise en évidence d’un réseau oncogénique impliqué dans les érythroleucémies

Nous abordons ces questions à travers l’étude d’érythroleucémies induites par le virus de Friend chez la souris. Le point remarquable de ces érythroleucémies est que plus de 90% d’entre elles sont associées à l’activation de l’un ou l’autre de trois gènes nommés respectivement Spi-1, Fli-1 et Fli-3.

Spi-1 et Fli-1 codent deux facteurs de transcription (protéines activant ou réprimant l’expression des gènes au niveau de la transcription) à travers la reconnaissance d’une séquence d’ADN minimale commune. Fli-3 quant à lui code un groupe de micro-ARNs (petits ARNs réprimant l’expression de gènes au niveau de la traduction) fréquemment surexprimé dans d’autres types de cancers.

 

Grâce au soutien de la Ligue, nous avons pu établir que chacun de ces 3 gènes sont étroitement liés au sein d’un même réseau oncogénique, Spi-1 et Fli-1 activant directement plusieurs gènes cibles communs dont notamment Fli-3. Nous avons pu établir en particulier qu’une proportion surprenante des gènes activés à la fois par Spi-1 et Fli-1 sont impliqués dans la production des ribosomes (organites responsables de la synthèse des protéines) et contribuent effectivement à la production d’un nombre plus élevé de ribosomes dans les cellules érythroleucémiques. Ce résultat est particulièrement intéressant dans la mesure où plusieurs mutations touchant des protéines constituantes des ribosomes sont à l’origine de l’anémie de Diamond-Blackfan (une maladie génétique humaine associée à un défaut de production de globules rouges). La convergence de ces observations nous conduit aujourd’hui à considérer que l’anémie de Diamond-Blackfan et les érythroleucémies de Friend sont les manifestations opposées d’une extrême sensibilité des cellules productrices de globules rouges aux dérèglements de la production des ribosomes. Notre hypothèse de travail est qu’une diminution de la production des ribosomes serait naturellement impliquée dans l’arrêt de la multiplication des cellules normales productrices de globules rouges (hypothèse dite du stress ribosomique). L’un de nos objectifs prioritaires est de décrypter la cascade de régulations qui permet de relier l’activité de la production de ribosomes à la multiplication des cellules.

 

Nous avons également établi que Fli-1 coopère avec deux des microARNs codés par le gène Fli-3 dans le maintien de la survie et la multiplication des cellules értythroleucémiques. Les travaux actuellement en cours visent à déterminer quels sont les gènes cibles de ces deux microARNs et comment ils coopèrent avec le gènes ciblés régulés directement par Fli-1 pour augmenter la survie et stimuler la multiplication cellulaire.

Parallèlement, nous poursuivons l’inventaire des gènes cibles régulés directement à la fois par Spi-1 et Fli-1. Dans ce but, nous avons entrepris une collaboration avec l’équipe de F. Moreau Gachelin de l’Institut Curie et le Centre National de séquençage dont l’objectif est d’inventorier tous les sites de fixation des facteurs Spi-1 et Fli-1 sur l’ensemble des chromosomes de trois clones érythroleucémiques indépendants.

 

§  Intérêt de l’étude pour d’autres cancers

Notre étude menée sur les érythroleucémies de souris présente un intérêt général susceptible d’ouvrir de nouvelles perspectives thérapeutiques pour de multiples cancers chez l’homme. En effet, la surexpression de facteurs de transcription de la famille ETS à laquelle appartiennent Spi-1 et Fli-1 est également un thème récurrent observé dans de nombreux cancers (cancer de la prostate par exemple). C’est également le cas de Fli-3 bien que le lien avec la surexpression de facteurs ETS n’ait pas été encore exploré.

 

Ainsi, par exemple, il n’est pas déraisonnable de penser que ces autres cancers présentent les mêmes addictions à un dérèglement de la production de ribosomes et à la répression des cibles des microARNs codés par Fli-3. Cette perspective renforce encore la justification de nos recherches de cibles localisées sur ces deux voies dans les érythroleucémies.

 

      Responsable du Projet :         Professeur François MORLE

                                                     Université de LYON – CNR UMR 5534

                                                     16 Rue Dubois

                                                     69622  VILLEURBANNE

 

      Contacts :                              Tél. :  04 72 43 36 37

                                                     Email : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

1-2-  Projet labellisé du Professeur Sylvie MAZOYER:

 

Le projet proposé et retenu par l’équipe du Professeur Sylvie MAZOYER était intitulé :

 

« Les gènes de prédisposition au cancer du sein BRCA : de la fonction aux risques tumoraux ».

 

Le Comité du Cantal de la Ligue contre le cancer a accordé, lors de son Conseil d’Administration du 15 octobre 2010, une aide de 10 000 € à ce projet de recherche.

 

Bilan des travaux fin 2010 présenté par l’équipe de recherche :

 

 

" PARFOIS, LE CANCER DU SEIN EST UNE VRAIE HISTOIRE DE FAMILLE "

 

Plusieurs femmes, souvent sur plusieurs générations, ont développé cette maladie.

On observe également dans un grand nombre de ces familles, des femmes touchées par le cancer de l’ovaire.

L’hérédité est en cause dans la majorité de ces familles : un défaut (une mutation) est présent dans un (ou plusieurs gènes) dans toutes les cellules de l’organisme des personnes à risque, défaut qui se transmet d’une génération à l’autre.

 

Les deux gènes majeurs sont BRCA1 et BRCA2, découverts il y a une quinzaine d’années grâce aux travaux de nombreuses équipes, dont la notre.

 

Notre objectif actuel est d’identifier les causes génétiques permettant d’expliquer pourquoi, en présence d’une mutation dans un gène BRCA, certaines femmes vont développer un cancer dans un organe plutôt qu’un autre (sein et/ou ovaire), voire ne pas développer de cancer, afin de personnaliser les mesures de prévention et de suivi médical des femmes porteuses d’une mutation. Nous voulons également rechercher de nouveaux types de mutations aussi bien chez les femmes prédisposées que dans les cancers du sein développés en dehors d’un contexte héréditaire. Enfin, nous approfondissons l’étude du lien entre les cancers du sein dus à une mutation dans le gène BCRA1 et le métabolisme des lipides (production et consommation des lipides par notre organisme). »

 

                                   Responsable du projet :         Professeur Sylvie MAZOYER

                                                                                   Equipe « Génétique du cancer du sein »

                                                                                   Centre de Recherche en Cancérologie

                                                                                   Université de LYON

                                                                                   Centre Léon Bérard

                                                                                   Bât. Cheney D – 2ème Etage

                                                                                   28 Rue Laennec

                                                                                   69373 LYON Cedex 08

 

                                   Contacts :                              Tél. :  04 69 16 66 79

                                                                                  Site Web : IFR 1623 INSERM U590

 

 

2-    RECHERCHE INTERREGIONALE EN 2010 :

 

Le Comité du Cantal de la Ligue contre le cancer a accordé, lors de son Conseil d’Administration du 15 octobre 2010, une aide de 20 000 €  au projet de recherche porté par l’équipe du Professeur Frédérique PENAULT-LLORCA de l’Université de Clermont-Ferrand.

 

 

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